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Occurrence, espace d'art et d'essai contemporains
5277 Avenue du Parc
Montréal, Québec, Canada
H2V 4G9
Heures d'ouverture :
Mardi - samedi, de 12 h à 17 h
(Sauf lors des montages)
Renseignements :
Lili Michaud, directrice
Jean-Louis René, adjoint
Tél. : 514 397-0236
Fax : 514 397-8974
Le centre Occurrence s’installe aussi dans le Mile-End
Jérôme Delgado - Le Devoir - le mercredi 14 janvier 2009
Le Mile-End de l’art contemporain, c’est bien plus qu’une simple occurrence. L’ouverture imminente avenue du Parc du centre Occurrence, après plusieurs mois de retard, confirme la tendance. Il rejoindra, dans le quadrilatère complété par les rues Fairmount, de Gaspé et Saint-Viateur, plusieurs adresses de renom, dont la galerie Simon Blais et les centres Clark et Articule, et d’autres plus marginaux, comme Push, galerie ouverte à l’automne.
Sur l’avenue du Parc, Occurrence, jusque-là dernier rempart à l’Alexander, l’édifice voisin du Belgo, au centre-ville, aura désormais comme voisins un studio photo d’une autre époque et un café branché wifi. Un hasard comme un autre, soit, mais qui souligne au trait rouge les deux principaux axes de cet « espace d’art et d’essai contemporains ».
Fondé en 1989, Occurrence est un ardent défenseur de la photographie et des arts médiatiques. Les noms qui lui ont depuis été associés parlent d’eux-mêmes: Sam Tata, Gabor Szilasi, Evergon et, plus récemment, Roberto Pellegrinuzzi, Yan Giguère, voire un Manuel Alvarez Bravo, dont l’expo célébrant son 100e anniversaire s’est arrêtée à Montréal grâce à Occurrence. En multimédia, autant le sculpteur Michel Goulet a eu sa chance (l’installation Porter le mur comme le masque), autant les très «néomédiatiques» comme les membres du collectif Perte de signal ont une oreille attentive.
« On voulait donner la visibilité à Occurrence. C’est pour ça qu’on fait ce move. On aurait pu aller au Belgo, mais on avait l’impression de ne pas changer », dit une enthousiaste Lili Michaud, fondatrice et directrice du centre, salivant déjà du potentiel que lui procurera une vitrine sur cette artère. Tant qu’à changer, aussi bien le faire là où ça bouge. Selon Lili Michaud, le Mile-End, habité depuis toujours par « des artistes et des gens en marge », s’est présenté naturellement. « Un effet d’entraînement », reconnaît-elle.
« Avoir pignon sur rue permet de rejoindre un autre public. Et élargir le public, c’est donner plus de visibilité aux expos, aux artistes. C’est changer la dynamique. Nous sommes enracinés dans un quartier. »
Statut particulier
Entre centre d’artistes et galerie privée, Occurrence a un statut particulier, avec Lili Michaud, comme âme et conscience, elle qui n’a jamais voulu devenir marchande, même si on le lui a souvent demandé. Celle qui s’est fait la main dans les années 1980 en montant des expos dans les bureaux d’une agence publicitaire préfère l’expérimentation de l’art à sa vente.
La nouvelle vie d’Occurrence ne se fait pas sans risques. L’espace plus grand et le loyer plus élevé au Mile-End ne rendra pas la vie plus facile pour un lieu accroché aux fonds publics. Sauf que Lili Michaud croit sincèrement que le changement d’air entraînera des fonds supplémentaires. « On attend des réponses », dit-elle, se faisant rassurante. Aussi, une levée de fonds visant le secteur privé sera lancée en septembre à l’occasion des 20 ans d’Occurrence.
Occurrence, comme la galerie Simon Blais, fera de son vingtième un pôle d’attraction. Et la programmation anniversaire, qui débutera en septembre, rappellera tout ce qui a transité par lui — pas seulement les arts de l’image. Luc Bergeron (un peintre) et l’historien de l’art Laurier Lacroix revisiteront notamment la vie du centre à travers l’historique de ses expos.
D’ici là, les murs seront habités par les photos de Jean-Pierre Legault (février) et d’Ève Cadieux (mars), parmi d’autres. Puis, on espère trouver assez d’argent pour des expos hors galerie, tel celle concoctée par Ève K. Tremblay. Par ses contacts new-yorkais, la photographe veut monter un projet fou qui voyagera en bateau, de Manhattan à ici, et qui réunira des artistes des deux villes.
Collaborateur du Devoir