Evangelinia : une résidence tout en errance | Rémi Belliveau

Hotels & Boarding Houses in Nova Scotia, brochure, début 20e siècle, collection de l’artiste.

Evangelinia : une résidence tout en errance

Rémi Belliveau

25 septembre – 16 octobre 2022

Dans le cadre des résidences croisées Une résidence tout en errance, développées en collaboration par AdMare et Occurrence, deux projets artistiques prennent forme sur la route, entre Montréal et les Maritimes. En mai dernier, Justine Skahan est partie de Montréal vers les Îles-de-la-Madeleine pour mener Maison de rêve ! et Rémi Belliveau partira des Maritimes vers Montréal, du 25 septembre au 16 octobre pour EvangeliniaCatherine Barnabé échange avec les deux artistes à titre d’autrice et d’observatrice afin de contribuer au processus par le biais de l’écriture.

Dès le 25 septembre, Rémi débutera sa résidence par une série de déplacements fictifs, situés dans le passé, de Philadelphie (PE) jusqu’à Yarmouth (NS). À partir de là, l’artiste se déplacera de la Nouvelle-Écosse à Montréal, en passant par le Nouveau-Brunswick. Evangelinia, une œuvre-voyage transtemporelle, cherche à réactiver l’ancienne Land of Evangeline Route (N.-É.) telle qu’imaginée pour l’aristocratie américaine et tenant à l’écart les acadien·ne·s qui se retrouvaient pourtant au cœur de son récit. Deux postures seront explorées lors de cette résidence sur la route : 1) celle d’une Évangéline en drag temporelle faisant l’expérience d’un futur anachronique n’ayant pas encore eu lieu, et 2) celle d’un·e voyageureuse trans-temporel·le faisant l’expérience d’un passé toujours en cours par l’entremise de trois vestiges touristiques, soit les attractions, l’hébergement et la bouffe.

Pour la première posture, l’artiste prévoit plusieurs moments lors desquels iel pourra se revêtir de la robe d’Évangéline afin de documenter l’héroïne en voyage, mais aussi afin de reprendre sa pose célèbre (d’après Thomas Faed) : Évangéline sur les trains disparus de la Dominion Atlantic Railway ; Évangéline sur les côtes de la Baie Saint-Marie ; Évangéline comme revendication queer d’une féminité acadienne. Pour la deuxième posture,  iel visitera quotidiennement les lieux évoqués dans sa collection de brochures touristiques d’avant-guerre où iel documentera son passage à la façon de l’époque, par la photographie argentique et la carte postale. Rémi planifie également séjourner dans plusieurs lieux-reliques ayant survécu à la Route originale afin de performer un·e voyageureuse acadien·ne impossible. Au menu : la nourriture offerte à chacune des destinations, complémentée par la cuisine acadienne traditionnelle, préparée par l’artiste.

 

BIOGRAPHIES

Rémi Belliveau est un·e artiste interdisciplinaire et un·e musicien·ne acadien·ne trans non-binaire originaire de Belliveau-Village (Vallée de Memramcook, N.-B.), un hameau acadien situé sur Mi’kma’ki, territoire ancestral non cédé du peuple Mi’kmaq. Son travail artistique s’attache à déconstruire et reprogrammer les fondements, les structures et les imaginaires de la culture acadienne à laquelle iel appartient dans le but de cultiver des capacités d’(auto)analyse et de sens critique.

Depuis 2012, son travail a été présenté dans plusieurs évènements et expositions de groupes dont Les Histoires Nécessaires (commissaire : Véronique LeBlanc, 2019) à la Galerie d’art Louise-et-Reuben-Cohen de l’Université de Moncton, Art in the Open 2017 (Charlottetown, I.-P.-É.) et Writing Topography (commissaire : Corrina Ghaznavi, 2015) à la Galerie d’art Beaverbrook (N.-B.). En 2020, la Galerie de l’UQAM a présenté son exposition de fin de maitrise en arts visuels et médiatiques. L’année précédente, sa première exposition solo, Dissonances rurales, a été présentée à la Galerie d’art Louise-et-Reuben-Cohen de l’Université de Moncton sous la direction de Nisk Imbeault. En parallèle de sa pratique artistique, iel a codirigé la Galerie Sans Nom (Moncton) avec Annie France Noël (2014 à 2018), y a joué à deux reprises le rôle de (co)commissaire d’expo (2015, 2018), a été chargé·e de cours à l’Université de Moncton (2017) et a contribué des textes à la revue Canadian Art. En 2021, iel a été nommé·e finaliste Atlantique du Prix Sobey pour les arts, une distinction qui lui a valu une place dans l’exposition associée au Musée des Beaux-Art du Canada (commissaire : Josée Drouin-Brisebois). Iel vit et travaille actuellement à Tiohtià:ke/Mooniyang, territoire ancestral non cédé des peuples Haudenosaunee et Anishinaabeg, aussi connu sous le nom de Montréal.
www.remibelliveau.com

Catherine Barnabé est commissaire, autrice et traductrice indépendante. Elle a cofondé les organismes artistiques Espace Projet et quatre point trois. Diplômée de la maitrise en études des arts (Université du Québec à Montréal, 2011), son travail de commissaire a été présenté dans des lieux de diffusion en Amérique du Nord et en Europe, notamment la Salle Alfred-Pellan à Laval, la Gallery 44 à Toronto et le centre d’art La Halle de Pont-en-Royans en France. Ses écrits sont diffusés dans diverses publications et revues spécialisées. Elle a effectué des résidences de commissariat à Est Nord-Est (Saint-Jean-Port-Joli, Québec) en 2012, à Linea de Costa (Cadix, Espagne) en 2015, à ISCP (New York, États-Unis) en 2016, aux Maisons Daura (Saint-Cirq-Lapopie, France) en 2019 et à Viafarini (Milan, Italie) en 2022. En 2017, elle a complété un diplôme de deuxième cycle en traduction (Université Concordia) pour se spécialiser dans la traduction de textes liés aux arts visuels.
www.catherinebarnabe.com